Le Temps : portrait de Wiktor Bourée, CEO de Technis

Le Temps: portrait de Wiktor Bourée, CEO de Technis

Technis s’attaque au marché américain. La jeune pousse vaudoise s’est fait remarquer par son agilité pendant le semi-confinement
en mettant au point des bornes de comptage pour les espaces publics.

Rencontre avec son fondateur, Wiktor Bourée

Un appartement spacieux en plein coeur de Lausanne, un couloir jalonné de dizaines de petits tapis qu’un oeil non averti pourrait Wiktor Bourée Le Temps Technisconfondre avec des paillassons, des développeurs qui échangent dans un anglais teint de différents accents.

Et surtout, un homme visiblement très occupé. Wiktor Bourée termine son call, s’excuse de ses quelques minutes de retard en précisant qu’il est debout depuis 4 heures du matin, son rythme de croisière depuis bientôt six mois.
Depuis que l’ingénieur EPFL de 29 ans a su, avec son équipe, transformer ce qui s’annonçait comme un fléau en créneau commercial.
En quelques semaines, les tapis connectés de sa société – qui permettent de mesurer la fréquentation d’espaces clos – ont été reliés
à des bornes dites Stop&Go pour offrir une solution de régulation de l’affluence dans les magasins, musées et autres entreprises.
La demande a rapidement explosé.

Mi-mars, l’économie s’arrête brusquement. Comment avez-vous eu l’idée de faire évoluer votre produit en borne de comptage?

Comme on avait une clientèle nombreuse dans l’événementiel, on a compris très tôt que quelque chose de grave était en train de se passer.
Fin janvier, nous avions déjà des signaux forts. En février, tous les événements ont été annulés. Notre dernière présence,
c’était au Salon de l’agriculture à Paris, qui a fermé un jour plus tôt.
En mars, on s’est dit: «Ça va être compliqué.» Mais nous sommes restés optimistes car dans toute situation de crise, de danger, il y a
des opportunités.

A quel moment avez-vous vu cette opportunité?

Dès le mois d’avril, on est allés voir nos clients pour comprendre leurs besoins, voir comment
on pouvait les aider, et comment nous pouvions nous réinventer partiellement. Je dois souligner qu’il y a très vite eu un mouvement
formidable au sein de notre équipe, avec une solidarité que je n’avais jamais vue auparavant. On s’est dit: «Nous avons notre solution en
croissance, des tapis, mais pas de bornes.» Alors, on a rajouté cette borne Stop&Go pour aider des entreprises, des musées ou des
supermarchés.

Aider peut-être, mais il y avait aussi une vision commerciale. Bien sûr, j’ai une boîte à faire tourner, 25 employés à payer. Maintenant cela
fait plus de cinq mois que le produit est lancé. On est passé de 150 dispositifs produits par mois à 160 par jour! Moi-même quand je me
réveille le matin, encore maintenant, je n’arrive pas à réaliser. Un des plus grands défis, à l’heure actuelle, c’est de fournir les quantités
tout en maintenant la qualité.
Une priorité.

Tout était immobilisé. Les chaînes d’approvisionnement brisées. Comment avez-vous pu vous retourner si rapidement ?

On a réussi à développer le produit Stop&Go en seulement six semaines. Pour le côté technique, il n’y avait pas tant que ça à faire.
Les algorithmes et les capteurs de pression étaient déjà développés. Il fallait juste transmettre l’information
à nos bornes qui viennent de Suède.
Elles collent bien avec notre positionnement, une borne haut de gamme, mais accessible. Pour l’électronique,
on a opté pour la Suisse.
On travaille avec trois fournisseurs dans notre pays. Même si c’est si c’est six fois plus cher.

Le succès a été immédiat. Quel est l’impact sur la marche de vos affaires?

Nous ne communiquons pas sur notre chiffre d’affaires. Je peux toutefois vous donner un ordre de grandeur.
Il y a deux mois, la croissance mensuelle de notre chiffre d’affaires était de 20%. Aujourd’hui, elle est de
35 à 40%. On délivre aujourd’hui dans plus de dix pays. En France, en Allemagne, on se lance en Angleterre,
en Irlande. Et puis, bien sûr, notre réactivité nous a aussi facilité notre levée de fonds puisque nous
avons réussi à lever 3,2 millions de francs en pleine crise.

Combien coûte votre solution?
Nous avons différents modèles, adaptés à chaque situation. Par exemple, un leasing pour 200 francs par mois.
On s’est tout de suite placé dans l’antithèse du Quick and dirty [vite et mal fait]. On voulait faire un produit
de qualité qui dure sur le long terme.

logos clients technis

Qui sont vos clients ?
Il y a bien sûr le CERN, à Genève, mais aussi Sciences Po, à Paris, Nestlé, le Tour de France, les magasins Bongénie ou encore les
Bains des Pâquis.

Votre réactivité a certainement accéléré votre développement. A quel point ?
Nous estimons avoir gagné dix-huit mois. On vend partout 15
fois plus qu’auparavant. On a maintenant des distributeurs en Irlande, aux Etats-Unis et puis nous sommes en train de créer notre filiale aux
Etats-Unis. Elle est en train d’ouvrir cette semaine dans le Delaware.
[interview réalisée le 7 septembre].

Dans le Delaware? Pour Joe Biden qui vient de cet Etat ou pour son attractivité fiscale? (Il rigole).
Non, franchement, on n’a pas pensé à ça. C’était la solution la plus simple et la plus rapide pour créer notre filiale. Sur
place, on travaille avec un distributeur qui est basé à Boston. Il a engagé des forces de vente. C’est lui qui prend le risque.

De votre côté, vous étoffez également vos effectifs?
Nous sommes actuellement 25 et prévoyons de passer à 50 jusqu’à l’année prochaine. Il nous faut des personnes pour les
activités commerciales, mais aussi pour continuer dans le développement de nos produits. C’est notamment
là-dedans qu’on investit l’argent frais levé. Notre vision, c’est vraiment de développer des solutions
du futur pour les infrastructures.
Devenir le Google Analytics des infrastructures, mais non intrusif. Concrètement, on travaille beaucoup pour développer notre
solution pour le secteur de la santé, par exemple les EMS puisque nos sols connectés permettent de
détecter les chutes.

Pour revenir à votre lancement aux Etats-Unis. C’est un marché extrêmement concurrentiel, comment allez vous vous démarquer?

Il faut un distributeur sur le marché. Nous avons procédé à une méticuleuse analyse de la force de frappe du partenaire que nous avons choisi dont je ne
peux malheureusement pas encore dévoiler le nom. Et puis, notre produit est très Plug & Play, ce qui est très important aux Etats-Unis.
C’est d’ailleurs quelque chose qui nous a beaucoup aidés au plus fort de la pandémie. On pouvait livrer sans se déplacer et c’était très simple à installer
pour le client. Et puis, un autre atout que nous espérons exploiter aux Etats-Unis, c’est notre réactivité par rapport au client.
Je porte beaucoup d’attention au service client. C’est notre challenge.

Découvrez le reste de l’article sur le site du Temps : https://www.letemps.ch/economie/wiktor-bouree-fondateur-technis-on-vend-partout-15-plus-quauparavant
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Le Covid booste Technis qui lève 3 millions de francs suisses

Le Covid booste Technis qui lève 3 millions de francs suisses

Le coronavirus a fait passer la jeune pousse Technis basée à Lausanne au niveau supérieur. La nécessité de contrôler le nombre de clients dans les commerces, notamment dans la grande distribution, a fait bondir le chiffre d’affaires de 20% par mois.

Nestlé Technis Stop&Go

La nécessité de contrôler les flux de clients ou de visiteurs en pleine pandémie de Covid-19 a propulsé Technis dans une autre dimension. Forte d’une croissance galopante, la jeune pousse vaudoise va désormais commercialiser son tapis intelligent aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

Émanation de l’EPFL, la société a procédé récemment à une augmentation de capital pour financer son développement, à hauteur de 3,2 millions de francs, indique Technis mardi.

L’opération a permis non seulement de lever des fonds, mais également de gagner un partenaire stratégique. M3 Groupe, fondé et dirigé par l’homme d’affaires genevois Abdallah Chatila, est devenu le distributeur exclusif pour la Suisse des solutions développées par Technis. Le conglomérat est actif notamment dans les domaines de la sécurité, de l’immobilier et de l’événementiel.

M3 Groupe a investi 2 millions de francs, prenant une participation «importante» mais non majoritaire dans l’entreprise, précise à AWP Wiktor Bourée, fondateur de Technis.

Créé en 2016, Technis commercialise des solutions permettant de gérer les flux de personnes. Son produit phare est un tapis connecté qui a convaincu notamment une multinationale comme Nestlé, le groupe de casinos Barrière ou encore le CERN. Wiktor Bourée vante un produit «plug and play», qui peut être expédié et monté directement par le client, sans modification structurelle.

Le coronavirus a fait passer la jeune pousse basée à Écublens au niveau supérieur. La nécessité de contrôler le nombre de clients dans les commerces, notamment dans la grande distribution, a fait bondir le chiffre d’affaires de 20% par mois.

Revenus multipliés

Les ventes devraient être multipliées par dix cette année. La société vise un chiffre d’affaires de «plusieurs dizaines de millions» de francs à fin 2021. Les effectifs seront multipliés par deux d’ici à la fin de l’année prochaine, passant à une cinquantaine d’employés. Le recrutement se fera majoritairement (60%) pour la partie commerciale, mais également dans la recherche et développement.

«Nous étions déjà en croissance avant la pandémie», souligne cependant le patron de Technis. Le coronavirus a stimulé la croissance de manière fulgurante, concède-t-il toutefois. «Cette crise a démontré la nécessité pour certaines entreprises de s’équiper de matériel de contrôle des flux.»

La société a constitué des stocks afin de pouvoir livrer ses clients le plus rapidement possible. Certaines lignes de production ont été rapatriées de Chine en Europe. Les solutions développées par la société vaudoise sont désormais produites exclusivement dans le sud du Vieux-Continent.

En termes de marchés, Technis va ouvrir en octobre un bureau commercial en France, doté de cinq personnes, afin de servir sa clientèle dans l’Hexagone, entre autres l’école de Sciences Po à Paris et le Puy du Fou, un parc d’attractions vendéen très fréquenté.

Des distributeurs américains et britanniques ont par ailleurs sollicité la jeune pousse, qui commercialisera ses solutions dès septembre sur ces deux pays. Outre-Atlantique, Technis pourrait réaliser un saut de géant. «En Europe, un client retail représente 100 à 200 magasins à équiper. Aux États-Unis, cela peut atteindre 10’000 points de vente», note Wiktor Bourée.

Technis est également sur le point de commercialiser un système de sol connecté, avec des applications possibles notamment dans le domaine de la santé, par exemple pour détecter un patient qui aurait chuté.

L’article complet sur le site de 20 minutes -> https://www.20min.ch/fr/story/le-covid-booste-une-jeune-societe-a-lepfl-677586824537

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Europe 1: Technis à l’honneur du podcast « L’innovation du Jour »

Europe 1: Technis dans l’émission « L’innovation du Jour » à propos des sols connectés
Technis Europe 1 l'innovation du jour

C’est un nouvel outil qui pourrait faciliter la vie des commerçants, obligés désormais de jongler avec les règles de distanciation sociales à l’intérieur même de leurs enseignes. Des dalles spécifiques, installées à l’intérieur et à l’extérieur du magasin, peuvent comptabiliser le nombre de clients en train de faire leurs achats, afin de permettre de limiter de façon précise le nombre de personne dans le commerce.

Depuis lundi, les magasins rouvrent progressivement. Mais à l’intérieur, il faut s’assurer que les clients pourront bien respecter la distanciation sociale. Certains utilisent désormais des dalles spéciales, qui comptent le nombre de personnes qui entrent et qui sortent.

Ce sera beaucoup plus fiable qu’un comptage manuel. Surtout quand le magasin possède cinq ou six entrées sur deux ou trois étages. Ce sont des dalles que l’on installe à chacune des portes (à l’intérieur et à l’extérieur). Elles vont analyser tout ce qui passe dessus. Et être capable de différencier un chariot, quelqu’un qui entre, un animal ou quelqu’un qui sort.

Cela permet de compter les allées et venues et de savoir, en permanence, combien il y a de personnes dans le magasin. Quand le maximum est atteint, on affiche un message sur les bornes d’accueil. Ou on prévient les vigiles pour qu’ils fassent patienter les nouveaux arrivants.

Il va falloir s’habituer, mais ce n’est jamais agréable d’être bloqué devant la porte d’un magasin.

Oui, c’est vrai. Mais le système aura l’avantage d’être ouvert à l’externe. Donc on pourra savoir, nous aussi, combien il y a de personnes dans le magasin. Et aller faire les courses seulement quand il y a le moins de monde.

Autre intérêt : c’est moins intrusif que des caméras, avec lesquelles il y a toujours un risque de surveillance, d’enregistrement des images. Alors qu’avec les dalles, au pire, on ne connaîtra que votre pointure.

Il y a déjà des magasins qui les utilisent ?

Ça commence. Jusqu’ici, on trouvait ce genre de technologies plutôt dans les grands salons professionnels. Avec la pandémie, elles ont été adaptées à nos commerces de quartier. On pourrait également les retrouver dans les transports en commun, pour éviter de saturer les rames.

 

Le Podcast -> https://www.europe1.fr/emissions/L-innovation-du-jour/des-dalles-qui-comptent-les-clients-dans-les-magasins-3968101

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